Guyane 2017
Imaginaire, délirant, mais pas impossible…
L’homme d’affaire a atterri cette fois-ci non pas au hub(1) sud-américain de Cayenne Félix Eboué International (ex Rochambeau), mais carrément à l’aéroport inter-régional de Saint Laurent Exécutive Jean Galmot, car il avait envie de s’épargner cette fois le TER Cayenne-Maripasoula avant de prendre l’autoroute qui remonte à Grand Santi, où il vient d’investir 18 millions d’euros dans une usine de cosmétiques de 350 salariés. C’est tout de même plus sympa de prendre la ligne régionale Saint Laurent – Grand Santi, car le petit Jet Cessna Citation ne prend que 15 minutes…
En fin de semaine, il participera d’ailleurs à Cayenne-City, au Palais des Congrès Inter-Amazonia, qui vient d’être terminé (tout de même 44 étages, 30 000 m² de verrières, 285 bureaux d’entreprises) au colloque international sur le développement des bio-énergies…pas moins de 700 participants du monde entier sont attendus. Ce n’est plus un problème pour l’hôtellerie depuis que la Guyane a été désignée par la Commission Européenne comme tête de pont européenne pour le rayonnement de l’excellence technologique de l’Europe des 27 en Amérique du Sud : plus de trois milles chambres d’hôtel ont été construites en moins de 5 ans… normal, car depuis maintenant 10 ans, la Guyane fait l’objet de toutes les attentions des investisseurs européens qui ont enfin compris le positionnement stratégique de la Guyane en Amérique.
Tout ça n’est pas bien surprenant, car à la suite du démarrage de Soyouz, de l’implantation d’une dizaine de laboratoires pharmacologiques internationaux, de la découverte de trois gisements pétroliers majeurs, de la création de l’Ecole Supérieur des Sciences Appliquées Europe-Amazonie, de la mise en place du Centre Européen de Formation des Forces Armées, à Saül (dont la population est ainsi passée de 40 habitants à 37 000 en 5 ans), la création de la zone franche internationale de la Guyane a vraiment attiré du monde.
Maintenant, les visites ministérielles ne sont plus une exception, mais plutôt un must parisien, en général avant les Hauts-de-Seine…il faut dire que la Guyane attire vraiment du monde. Vous vous souvenez de l’Hôtel Amazonia, avenue de Gaulle ? Maintenant, il s’appelle Amazonia Palace Center et accueille quotidiennement l’équivalent d’un Airbus de passagers. A propos, d’Airbus, depuis plusieurs années Air Europa (une fusion de 15 compagnies européennes dont Air France je crois) a introduit deux vols quotidiens en A 380…il était temps, car les vieux A 340 n’étaient vraiment plus adaptés au trafic (tout juste pour desservir la ligne Cayenne Manaus Santiago de Chile). Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le centre de maintenance aéronautique de Cayenne Félix Eboué International (dont le premier projet datait de…, vous lisez bien…1998) est devenu la référence en Amérique Latine (tous les Airbus d’Amérique du Sud viennent se faire démonter, inspecter, réparer et remonter chez nous…tout de même 2 860 emplois hautement qualifiés…plus 7000 emplois indirects…)
Pour ainsi dire on aurait presque oublié qu’il y a toujours le CSG…mais maintenant, il s’appelle Guyane International Space (GSI), car les chinois ont abandonné leurs programmes et ont ralliés la technologie européenne…à Kourou bien entendu ! Une fusée toutes les semaines… devant ce succès, GIS est devenu un contributeur direct des fonds régionaux.
C’est vous dire que notre homme d’affaire qui vient de se poser à Grand Santi en provenance de Houston (Etats-Unis) via Saint Laurent Exécutive Jean Galmot n’a plus aucun problème de se connecter à l’ADSL de troisième génération, car il utilise le nouveau système Wifi longue portée qui couvre maintenant toutes les zones urbanisées de la Guyane (même à Camopi). Je me demande comment on faisait avant ?
Toute cette évolution de la Guyane, enfin comprise dans toutes ses dimensions stratégiques, a bien entendu complètement bouleversé la société. D’abord l’emploi : il faudrait dire que les seuls chômeurs que connaît actuellement la Guyane sont les assistants sociaux, les agents de la DAS, et la Caisse d’allocation familiale etc., car l’assistanat n’existe plus. Tout le monde travaille, tellement les projets d’entreprise et la participation des salariés au capital d’entreprise se sont développés qu’en fait tout le monde est associé dans l’économie dans une logique gagnant-gagnant.
Rien d’étonnant que la Guyane affiche une croissance de son Pib de plus de 30% par an. Phénoménal. La Guyane est d’ailleurs devenue l’exemple obligé de tous les articles et revues économiques. La clé du succès ? Les hommes ! Les hommes, une fois qu’ils ont compris que de rien ne vient rien et que de tout vient tout, alors la machine a été lancée. Les assistants sociaux sont d’ailleurs tous devenus des conseils en optimisation du temps libre et des loisirs…une nouvelle activité très prometteuse dans un pays comme la Guyane où les 550 000 visiteurs annuels ont vraiment fait démarrer le tourisme.
Ainsi les Guyanais, Européens et milliers de partenaires étrangers ont un beau jour décidé de faire quelque chose de génial de la Guyane : voilà le résultat ! Notre business man a tout de même l’embarras du choix de repartir avec Air Europa ou Dubaï Air (dont le service n’a rien a voir avec ce que l’on connaissait du temps d’Air France…maintenant on vole vraiment à 33 000 pieds…) Pire, Martine et ses copines ne savent plus si elles doivent partir ce week-end à Manaus, Miami (en direct) ou Panama. Finalement elles partiront pour Cap Town (Afrique du Sud), car le vol retour arrive à Cayenne Félix Eboué International dimanche soir vers 23 heures, le temps de casser la croûte au Poisson Palace (vous savez le restaurant du troisième étage de l’aéroport, où l’on sert du poisson selon toutes les cuisines du monde…toujours léger et ravissant…) avant de prendre l’express Cayenne-Saint Georges où elles travaillent dans une société d’informatique et d’être à la maison vers minuit trente…toutes fraîches le lundi matin…à la cafétéria d’entreprise…pour raconter leur week-end au patron (d’ailleurs c’est un américain, qui a décidé de quitter la silicone walley pour s’installer dans la zone franche internationale de Saint Georges).
Mais le clou de l’histoire, c’est qu’au colloque sur les bio-énergies, notre homme d’affaire a rencontré le Prince Waylasi (d’origine amérindienne) qui vient de signer le contrat de construction du nouveau port en eau profonde dans l’ouest guyanais. Ce sera une plateforme portuaire de nouvelle génération avec une capacité modulable pour les cinquante années à venir…c’est rassurant ! Et j’oubliais le plus important, enfin c’est décidé, la construction du TGV trans-Amazonien verra le jour en 2030, la ligne Caracas – Georgetown- Paramaribo –St Laurent-Cayenne –St Georges- Macapa-Bélem…et pour plus tard Belém Manaus…
Chers lecteurs, chers amis, de quoi sera faite la Guyane de demain ?
Ce n’est pas encore très clair. Ce qui en revanche est certain, c’est que la Guyane de 2017 pourrait ressembler à celle que je viens de vous décrire.
Question de volonté politique avant tout.
Ce qui peut paraître imaginaire ou délirant, n’est pas nécessairement impossible.
Comme me disait un ami récemment, « il faut défendre ses rêves ».
Agissons pour nos rêves afin qu’ils deviennent une réalité pour ce morceau de France en Amérique du sud - la Guyane.
Ce qui importe plus que tout, c’est de partager ensemble, une idée, un projet, un rêve.
Et de le réaliser.
Ensemble.
(1) Un hub (anglais) est un aéroport international important où arrivent les long-courriers et où sont connectées les dessertes internationales, régionales et locales.
